Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

30/06/2026

La Fontaine, Fables, La Fortune et le jeune Enfant

       la fontaine, fables, la fortune et le jeune enfant, imprudence

                La Fortune et le jeune Enfant

 

                  Sur le bord d’un puits très profond

                 Dormait étendu de son long

                  Un Enfant alors dans ses classes.

Tout est aux Écoliers couchette et matelas.

                  Un honnête homme en pareil cas

                  Aurait fait un saut de vingt brasses.

                  Près de là tout heureusement

La Fortune passa, l’éveilla doucement,

Lui disant : mon Mignon, je vous sauve la vie.

Soyez une autre fois plus sage, je vous prie.

Si vous fussiez tombé, on s’en serait pris à moi ;

                  Cependant c’était votre faute.

                  Je vous demande de bonne fois

                  Si cette imprudence si haute

Provient de mon caprice. Elle part à ces mots.

                  Pour moi, j’approuve son propos.

                  Il arrive rien dans le monde

                  Qu’il ne faille qu’elle en réponde

                  Nous la faisons de tous échos.

Elle est prise à garant de toutes aventures.

Est-on sot, étourdi, prend-on mal ses mesures ;

On pense en être quitte en accusant son sort.

                  Bref la Fortune a toujours tort.

 

La Fontaine, Fables, VI,11, édition Jean-Paul

Collinet, Pléiade/Gallimard, 1991, p. 337.