04/05/2026
Bernard Noël, L'été langue morte

le monde n’est pas fini
et quand le vent se lève
notre visage est différent
l’amour défait l’amour
pour devenir plus que lui-même
qui va mourir
sait que la beauté est inexorable
je regarde ton souffle
tu t’évapores
l’obscur du temps est un ongle
derrière l’œil
il faudrait tenir sa langue
jusqu’au commencement du monde
la lumière est terrible
la mer ressasse
tu cherches un point parmi le jour
le présent est sans but
sans contour
et le sommet des pierres
ne connaît pas leur ombre
ce qui m’arrête
n’est que moi
(…)
Bernard Noël, L’été langue morte, dans
Les Plumes d’Éros, Œuvres I, P.O.L,
2010, p. 87.
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Bernard Noël, L'été langue morte

le monde n’est pas fini
et quand le vent se lève
notre visage est différent
l’amour défait l’amour
pour devenir plus que lui-même
qui va mourir
sait que la beauté est inexorable
je regarde ton souffle
tu t’évapores
l’obscur du temps est un ongle
derrière l’œil
il faudrait tenir sa langue
jusqu’au commencement du monde
la lumière est terrible
la mer ressasse
tu cherches un point parmi le jour
le présent est sans but
sans contour
et le sommet des pierres
ne connaît pas leur ombre
ce qui m’arrête
n’est que moi
(…)
Bernard Noël, L’été langue morte, dans
Les Plumes d’Éros, Œuvres I, P.O.L,
2010, p. 87.
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22/05/2016
Patrizia Cavalli, Mes poèmes ne changeront pas le monde

Elle est assise
Sa Majesté bourgeoise,
elle ouvre boutique et attend ses clients,
chevelures clairsemées et flottantes
peu de pensées
autour de ce siège conquis.
Ah, elle reste tranquille, elle, elle ne bouge pas,
bah, que voulez-vous, tout a une fin,
la vie, la soirée…
Patrizia Cavalli, Mes poèmes ne changeront pas
le monde, traduction de l’italien D. Faugeras et
P. Janot, Des femmes, 2007, p. 409.
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