Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

18/06/2026

Joseph Brodsky, Comme un flambeau dans les ténèbres

Unknown-5.jpeg

— Que dis-tu, oiselle, sur ta branche brune

pas rassurée d ‘être une cible ?

que le monde, bien sûr, est ton infortune

mais que la vie est possible ?

 

— Du tout. Quand les gosses jouent à la fronde,

j’assume, fût-ce à quitte ou double.

C’est quand tu t’interroges sur le cours du monde

Que j’ai comme un trouble.

 

J’entends et je crains qu’une cage méchante,

pas dorée, non, te tente, oiselle.

Chante plutôt sur ta branche. C’est dur quand on chante

à tire-d’aile.

 

Tu te goures, mon vieux, et sur toute la ligne.

C’est l’éternité, ma nature.

Et l’inhumanité en est le premier signe :

Où tu perds figure.j’habite

 

Joseph Brodsky, Comme un flambeau dans

ces ténèbres noires, Anthologie poétique 1961-1996,

édition André Markowicz, Poésie/Gallimard,

2026, p. 392.