12/04/2026
Henri Droguet, Toutes affaires cessantes

Vanité
Tout le peu d’infini qui d’infini
que qui dont où
miroir opaque —aveugle abîme inouï
transparent mensonger
sans au-delà
qui me dévisage
et qui voit qui vit quoi ?
leurre creux moitié plein moitié vide
où je perds la face
mascarade et grimace
et la chair insaisissable
je ne connais pas ce visage
les maisons sont rouges
la fenêtre blanche
le ciel froidement tombé c’est
l’étable bleue perdue
où la lune entamée caillou
pâlie bossu disparaît
et voici l’effarement le plaisir
sans bornes fin fonds ni limites
l’heure avant la nuit
avant le jour c’est le vent marin
le crépuscule et c’est tout
Henri Droguet, Toutes affaires cessantes,
Gallimard, 2022, p. 24.
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