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14/07/2024

Émile Verhaeren, Les Heures du soir

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Je noie en tes deux yeux mon âme tout entière

         Et l’élan fou de cette âme éperdue,

Pour que, plongée en leur douceur et leur prière,

Plus claire et plus trempée, elle me soit rendue.

 

         S’unir pour épurer son être

Comme deux vitraux d’or en une même abside

   Croisent leurs feux différemment lucides

           Et se pénètrent !

 

         Je suis parfois si lourd, si las,          

   D’être celui sui ne sait pas

         Être parfait, comme il le veut !

Mon cœur se bat contre ses vœux,

 

Mon cœur dont les plantes mauvaises,

         Entre des rocs d’entêtement,

         Dressent, sournoisement,

         Leurs fleurs d’encre ou de braise ;

Mon cœur si faux, si vrai selon les jours,

         Mon cœur contradictoire,

         Mon cœur exagéré toujours

De joie immense ou de crainte attentatoire.

 

Émile Verhaeren, Les Heures du soir, Mercure de France,1921, p. 39-40.

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