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03/04/2016

Jean-Claude Caër, Alaska

                   

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                      Photo Michèle Le Braz

 

Il est troublant de vivre dans un espace-temps différent

Tout en restant connectés

De rencontrer des gens assis devant leurs ordinateurs

Comme s’ils n’allaient jamais mourir.

Je rencontre Steve, spécialiste du cerveau,

Qui me raconte s’être trompé de direction.

Il voulait aller au zoo voir des ours polaires

Mais passa son après-midi dans un café à boire bière sur bière.

Tout à l’heure, il prendra l’avion pour Seattle

Et disparaîtra définitivement de mon univers.

Il en est ainsi à chaque instant pour chacun de nous

Et le sachant cela devient extraordinaire

Tous ces gens qui apparaissent quelques secondes dans notre vie

Tels des drapeaux piqués sur une carte du monde

Puis s’éclipsent définitivement de notre vue

Nous préparent peut-être à notre propre disparition.

 

Jean-Claude Caër, Alaska, Le bruit du temps, 2016, p. 57.

 

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