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21/02/2026

André Frénaud, Hæres

 

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      Incertitudes des rus et rivières

 

Le Vau ou la Vau, une autre, ou le même,

qui se fond dans l’Oze, et l’Oze on dirait,

— Ou si c’était l’Oise, ou c’est l’Ozerain  —

qui allait se mêler à l’Armançon.

Et si l’Armançon rencontrait la Brenne, 

en fait-elle son lit ou bien s’y confond ?`

Qui saurait dire avec ces rus et rivières ?

Qui peut savoir qui s’accroît ou se perd ?

Divaguant tous les jours entre les saules,

— les eaux multiples, l’unique flux qui poursuivait…

Les prés sont émaillés de leurs beaux noms.

Elles n’ont rien à trouver, elles ne prouvent rien.

Que fonderait-il, qui s’écoule ? Nous de même

qui déambulons par ci, par là.

 

André Frénaud, Hæres, Poésie/Gallimard, 206, p. 140-141.