10/01/2026
Ossip Mandelstam, La Pierre

Nous ne supportons pas l’intense silence —
fâcheuse , à la fin, l’imperfection de l’âme !
Quand dans ce trouble paraît le récitant,
avec joie nous le saluons : bienvenue !
Je savais qui était présent, invisible :
un homme cauchemardeux qui lit Ulalume.
Le sens est vanité, le mot n’est que bruit,
la phonétique est serve d’un séraphin.
Harpe d’Edgar chantant La maison Usher,
le dément but de l’eau, s’éveilla, se tut.
J’étais dans la rue. Sifflait la soie d’automne—
la soie de l’écharpe caressait la gorge…
1917
Ossip Mandelstam, La Pierre, dans Œuvres poétiques,
traduction Jean-Claude Schneider, Le Bruit du temps
/ La Dogana, 2018, p. 96.
Publié dans ANTHOLOGIE SANS FRONTIÈRES, Mandelstam Ossip | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ossip mandelstam, la pierre, edgard poe |
Facebook |

