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24/09/2026

Dominique Sampiero, Du ciel à mes épaules

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Pommier de l’étreinte

 […]

Les jours d’étreinte

je me traverse de part en part

et la panique sous mon regard

s’embrase

 

Je recule dans mon écorce

 

Un long poème 

bribes de tout ce qui meurt

pousse l’intérieur à chuter

dans l’ombre en pièces

  

Le fleuve qui me blesse

ricoche

tout entier dans ma main

noyant l’actif des labours

 

Nulle part me désaltère

 

Dominique Sampiero, Du ciel à mes épaules,

Poésie/Gallimard, 2926, p. 157.

23/09/2026

Dominique Sampiero, Du ciel à ma fenêtre

Dominique sampiero, du ciel à ma fenêtre

                                                         Ciel bas 

Enfin : la grisaille. Derrière l’arbre, un peu d’ombre.

La pluie est venue briser le soleil : son arrogance.

La fraîcheur me perce et jette dans mon sang

Une toute petite extase.La voix discrète du ciel

Pose tout à coup son front pesant sur le sol.

Il y a une platitude, un espace plus large,

Et dans cet écrasement de la lumière, les murs

Touchent, au bord de l’air, le lieu intime.

Je n’ai rien d’autre que ce vide,

Cette  ambiance fredonnée. Peu importent les paroles,

Le mouvement de la mélodie défroisse mes lèvres

Tenues serrées usque-là par une promesse.

La chair, l’être et la pénombre d’automne.

 

Dominique Sampiero, Du ciel à ma fenêtre,

Poésie/Gallimard, 2026, p. 111.

22/09/2026

Dominique Sampiero, Du ciel à mes épaules

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Comment habiter le chant, l’haleine, la cendre douce sur le front, la terre qui ne s’absente jamais et dont pourtant le cercle n’enferme rien ? Comment ne pas clore mais révéler le souffle, objet de toutes les transparences ? Comment ne pas tressaillir, trébucher dans le sommeil qui nous précède et dont le lieu jette sur notre dos un peu de cette présence lourde : nous n’en dévoilons rien et pourtant déjà nous nous sentons coupables.

La phrase claire, étincelante aurait-elle un contour ? Comment tomber une seconde fois dans le corps qui nous sert de fourche, de naissance, de saveur inachevée, et tout à coup sentir la nuit rendue à la nuit, au plus profind de nos paupières ?

 

Dominique Sampiero, Du ciel à mes épaules, Poésie / Gallimard, 2026, p. 40.