26/03/2026
Pierre Vinclair, Birdsong

(…) les oiseaux en nous réveillant pourraient
briser le rêve de notre civilisation
mécanique avec ses grandes cités
industrielles ayant colonisé le ciel
avec des œufs télécabines
on les appelle mais ils ne répondent pas
aux noms latins que nous avons cousus pour eux
dans l’étoile des bruits de moteur
leur monde est étanche à
notre langage, lac et ciel s’y identifient
pour les faire disparaitre au point
où nul ne demeure pour seule parole
de deux bêtes qui nagent
que la lettre ne signifiant
proprement rien, « X »
côte à côte ils rejoignent
la neige ou l’écran gris
et nous sommes impuissants
de nos phrases encombrées
à la syntaxe cherchant
grotesquement la mélodie
à toucher ce sillage
ils disparaissent donc, ne nous laissant
(et dans le rêve encore
on entend le tapis sonore) que
des chants de rescapés.
Pierre Vinclair, Birdsong, Kincksieck, 2026, p. 122.
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