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01/06/2021

Étienne Faure, Jours de repos

 

D’une ville arasée naguère, ce qui reste au sol,

toute hauteur perdue, c’est le socle,

fondation arrachée jamais

à la terre, empirique emprise

où la cité embryonnaire, aboutie, détruite

endure à présent la tracé des fleurs rudérales

au lieu des pas qui résonnèrent

sur la place herbue du théâtre — y jouaient

d’antiques tragédiens avançant pour dire

je suis ici ô dieu du temps qui fait tomber les pluies

désormais sur nos bras dressés pour quérir le ciel,

relier cette parole diluvienne à nos gestes

et trouver un terrain d’entente

pour nos vies, nos corps tandis que l’herbe

sous nos pieds repousse, herbe à chats,

vieux acteurs au soleil qui éloignent

tout ce qui ronge, les idées noires

entre les gradins.

 rêves de chats dans les gradins

 

Étienne Faure, Jours de repos, dans Europe, n° 1106-1107-1108, Juin-juillet-août 2021, p. 279.

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