17/04/2026
Forough Farrokhzâd, J'irai jusqu'au rivage du soleil

Vide de sens
Dans le cadre du chagrin, tes yeux
Froids et éteints
Dormaient
Dans la langue du regard ils avaient dit
Bien avant toi tous les non-dits
Tu fuyais
Tu me fuyais
Moi et tout ce qui était enfoui en moi
Je me souviens qu’un jour sur ce chemin
Tu me tirais tu me tirais
Avec impatience derrière toi
La dernière fois
La dernière fois lors de notre dernière rencontre
Cette amère fois
Le monde m’apparut vide de sens
Le vent gémit et j’écoutais
Le bruissement des feuilles d’automne
À nouveau tu m’appelas
À nouveau tu me chassas
À nouveau sur un trône d’ivoire tu me posas
Puis dans la gueule de la mer tu m’entraînas
Des années durant tu vécus dans mon cœur
Lové dans la soie du chagrin
Hélas, je ne sus jamais en amour
Ni ce que tu es
Ni qui tu es
Forough Farrokhzâd, J’irai jusqu’au rivage du soleil,
Poésie complète, traduction du persan Lilei Anvar,
Poésie/Gallimard, 2026, 10, 50 €
Publié dans ANTHOLOGIE SANS FRONTIÈRES | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : forough farrokhzâd, j'irai jusqu'au rivage du soleil, désamour |
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