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28/10/2026

Ambrose Bierce, Épigrammes

                 ambrose bierce, épigrammes, intolérance

La forme la plus désagréable d’hypocrisie masculine est celle qui s’exprime dans le prétendu remords pour d’impossibles galanteries.

 

Entretenez la tête, et le cœur prendra soin de lui ; un pendard est quelqu’un qui ne sait pas comment penser.

 

La mort n’est pas la fin ; reste le litige sur l’héritage.

 

"Pourquoi pleures-tu ?

- Parce que ma femme est morte. Hélas ! Je ne la reverrai plus jamais !

- Ta femme ne te reverra plus jamais et pourtant elle ne pleure pas"

 

L’avocat le plus intolérant est celui qui essaie de se convaincre lui-même.

 

Ambrose Bierce, Épigrammes, traduction Thierry Gillybœuf, Allia, 2002, p. 33, 34, 38, 39, 41.

11/01/2015

Voltaire, Traité de la tolérance

 

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Le liberté de la presse ne s'use que si l'on ne s'en sert pas.

                                           (Le Canard enchaîné)

 

                                                  *

 

   [...] Nous avons en Europe plus de cent volumes de jurisprudence sur la sorcellerie, et sur la manière de distinguer les faux sorciers des véritables. L'excommunication des sauterelles, des insectes nuisibles aux moissons a été très en usage et subsiste encore dans plusieurs rituels. L'usage est passé ; on laisse en paix Aristote, les sorciers et les sauterelles. Les exemples de ces graves démences, autrefois si importantes, sont innombrables : il en revient d'autres de temps en temps ; mais quand elles ont fait leur effet, quand on en est rassasié, elles s'anéantissent. [...]

 

   Le droit naturel est celui que la nature indique à tous les hommes. Vous avez élevé votre enfant, il vous doit du respect comme à son père, de la reconnaissance comme à son  bienfaiteur. Vous avez droit aux produits de la terre que vous avez cultivée par vos mains. Vous avez donné et reçu une promesse, elle doit être tenue.

   Le droit humain ne peut être fondé en aucun cas que sur ce droit de nature, et le grand principe, le principe universel de l'un et de l'autre, est, dans toute la terre : « Ne fais pas ce que tu ne voudrais pas qu'on te fît. » Or on ne voit pas comment, suivant ce principe, un homme pourrait dire à un autre : « Crois ce que je crois, et ce que tu ne peux croire, ou tu périras. » [...] Le droit de l'intolérance est [...] absurde et barbare : c'est le droit des tigres, et il est bien horrible, car les tigres ne déchirent que pour manger, et nous nous sommes exterminés pour des paragraphes.

 

Voltaire, Traité sur la tolérance, dans Mélanges, texte établi et annoté par Jacques Van Den Heuvel, Pléiade, Gallimard, 1961, p. 582 et 583-584.