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21/01/2023

Étienne Jodelle, Comme un qui s’est perdu dans la forêt profonde, Sonnets

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                      Sonnet II

 

Des astres, des forêts, et d’Achéron l’honneur,

Diane, au Monde haut, moyen et bas préside,

Et ses chevaux, ses chiens, ses Euménides guide,

Pour éclairer, chasser, donner mort et horreur.

Tel est le lustre grand, la chasse, et la frayeur

Qu’on sent sous ta beauté claire, prompte, homicide,

Que le haut Jupiter, Phébus, et Pluton cuide,

Son foudre moins pouvoir, son arc, et sa terreur.

Ta beauté par ses rais, par son rets, par la crainte

Rend l’âme éprise, prise et, au martyre étreinte.

Luis-moi, prends-moi, tiens-moi, mais hélas ne me perds

Des flambants, forts, et griefs, feux, filets, et encombres,

Lune, Diane, Hécate, aux cieux, terre, et enfers

Ornant, quêtant, gênant, nos Dieux, nous, et nos ombres.

 

Étienne Jodelle, Comme un qui s’est perdu dans la forêt

profonde, Sonnets, édition Agnès Rees, Préface Florence Delay,

Poésie/Gallimard, 2023, p. 34.