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18/11/2016

Christian Prigent, Grand-mère Quéquette

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                                      Tout va bien

 

[…] Pourtant mère m’a dit  tu seras poète on voit djà ça à ton béret, le même que Paul Fort. Et tu aimes les ânes, voire tu aimes en âne, c’est comme Francis Jammes. Et le poète sait, confirma Grand-mère, tel Jean Richepin, en fourrant le coke dans la cuisinière, mettre en strophes fines les pires catastrophes, passe-moi la brique : ça chauffe le lit mieux que bassinoire. Ainsi il met baume en nos cœurs dolents et nargue l’aigreur de bile des penseurs et qu’ils nous emmerdent avec des leçons de complication et brûle pas tes doigts. Oui oui, je m’ai dit, le maître me l’a dit de la communale, et d’ailleurs c’est écrit dans le journal : le poète raisonne aussi mais plus vite, et en musique douce, exemple Aicard (Jean) ou Maurice Carême je les sais par cœur. Il assaisonne de sel de forme l’intelligence de l’informe, ainsi à tire-larigot chez Victor Hugo. Poème traduit le langage de l’âme, précisa la note en bas de la page.

 

Christian Prigent, Grand-mère Quéquette, P. O. L, 2003, p. 168.

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